C'était un 24 décembre, une petite fille voyait le jour. Elle grandit quelques années dans le bonheur, on lui raconte souvent aujourd'hui, mais elle ne s'en souvient plus de cette façon là. C'est un 14 décembre que tout commença à changer. Son père est parti, sa mère l'a empêché de la prendre elle et ses soeurs avec lui. Mais elle lui dit qu'elle ne l'empêcherait jamais de le voir quand elle voulait. Deux semaines après, elle dit à son père qu'elle ferait tout pour qu'il ne puisse les voir. Commença ainsi une guerre stupide dont un côté de pense qu'à son propre intérêt, quitte à faire souffrir les autres, et dont l'autre côté ne fait que subir, tant bien que mal. Elle, elle s'était retrouvée malgré elle là dedans, la femme qui se prétendait sa mère n'essayait que l'utiliser contre son père, sans penser aux conséquences sur elle. Cela ne cessa jamais. Mais cette petite fille, qui n'avait que 10 ans à l'époque, s'est retrouvée trop tôt basculée dans ce monde stupide d'adultes égoïstes, cupides et vaniteux. Elle a fini par le montrer, et a fini par devenir le souffre-douleur de cette femme qui se prétendait sa mère. Elle avait une chienne qui était tout pour elle, depuis le jour de sa naissance, elles étaient devenues inséparables. C'est devenu pour cette femme une arme de menace contre sa fille. Comme si cela n'avait pas suffit, quand la chienne mourrait dans les bras de cette petite fille, cette femme regardait la scène en souriant, et peu après disait ouvertement qu'elle s'était débarrassée d'un poids. Cette petite fille avait 13 ans, et déjà une partie de son âme détruite, arrachée, qu'elle a réussit à garder autour de son poignet, dans cette chaîne qu'elle garde jour et nuit. Même si, cette femme a souvent essayé de la lui en priver. Après la mort de sa chienne, il a fallu trouver un autre moyen d'essayer de manipuler cette petite fille. Pour la moindre opposition, les coups venaient, mais elle a vite appris à s'en défendre. Mais il restait une chose, les mots. Des mots lancés comme des flèches tous les jours, des mots qui rappellent les mauvais souvenirs, des mots qui font perdre espoir, des mots qui font croire que tu n'es rien, des mots qui finissent par t'achever, et à préférer partir. Contre cela, elle n'a jamais eu la force de se défendre, cette femme qui se prétendait sa mère ne savait que trop bien l'utiliser. Elle n'avait que 14 ans, et elle a essayé de partir, à coup de cutter dans l'avant-bras. Mais le sang n'a pas assez coulé, elle s'est fait réveiller par cette femme qui lui disait qu'elle aurait du prendre quelque chose de plus coupant. Quelques mois sont passés. Elle ne mangeait plus. Elle se faisait vomir. Elle se mutilait. Elle buvait. Elle fumait tout ce qu'elle trouvait. Elle se shootait aux médicaments, jusqu'à en faire volontairement une overdose, à 15 ans, et se réveiller 24 heures plus tard en soins intensifs, avec cette femme qui d'abord afficha une mine déçue de la voir se réveiller, pour ensuite afficher un sourire en lui demandant pourquoi elle avait fait ça. Ce fut un acte décisif, tout le monde empêcha qu'elle ne retourne chez cette femme. Aujourd'hui, elle a découvert un sentiment qu'elle avait depuis longtemps oublié. Celui d'être heureuse. Et elle fera tout pour ne plus jamais l'oublier, peu importe comment, peu importe les conséquences, plus jamais personne ne la fera retomber. Car maintenant elle sait qu'elle en a la force et le courage, et qu'on ne lui fera plus croire le contraire. Ce sont presque six années qui se sont écoulées depuis ce 14 décembre. Six années, où une petite fille a été poussée à grandir trop vite, confrontée à trop de malheureuses réalités. Aujourd'hui, c'est devenu sa force.